Dimanche, alors que la France est suspendue aux lèvres des journalistes, de Sarkozy, de Ségolène, de Hollande, Arte nous a rappelé qu’il y a un monde à part : celui de l’art. Claude Lelouch est alors un jeune cinéaste, Lino Ventura au sommet de son art et Françoise Fabian épanouie. C’est La Bonne Année, aussi décalée dans le calendrier que dans l’époque. Et ce décalage nous rend sérieux : l’époque a changé. Mireille Mathieu chante faux désormais, les bandits sont devenus des casseurs arrachant les pavés sans défendre aucune cause… Mieux vaut ne pas changer de chaîne et rester sur Arte. On préfère entendre la conception que les années 70 se faisaient de la femme, plutôt que de suivre des journalistes transformés en paparazzi, suivant la voiture du nouveau chef de l’Etat, pour nous apprendre qu’il dîne au Fouquet’s. Les médias s’appauvrissent… et les films en noir et blanc ont du coup un je ne sais quoi de piquant, de neuf, qui nous émeut. La modernité est derrière nous. La modernité des romantiques est loin derrière. On peut donc être nostalgique d’une époque qu’on n’a pas connue ? Oui, on peut, répondait Elizabeth Quin interviewée par Daphné Tesson, dans A Nous Paris. Tout comme on peut avoir une certaine nostalgie de la nuit parisienne des années fastes sans l’avoir connue, rien qu’en la fantasmant !

Synopsis : Lino Ventura prépare le casse du siècle sur la Côte d’Azur, avant d’être pris dans les filets de l’amour.

Un film jubilatoire de Claude Lelouch, emblématique des années soixante-dix.

Prix du meilleur acteur (Lino Ventura) et de la meilleure actrice (Françoise Fabian), Festival international du film de San Sebastian 1973.

Elizabeth Quin vient de publier la biographie de Gérald Nanty : “Bel de nuit, Gérald Nanty” aux éditions Grasset

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