L’Argentine canine

avril 3, 2007

On court au vidéo club du coin pour louer Bombon – el perro, rien que pour la tête trop trognone de El Perro, personnage-animal principal du majestueux film de Carlos Sorin.

On suit les tribulations de Juan et de Bombon dans l’Argentine en crise ; (conséquences sociales désastreuses, rappelons-le, après le pic de la crise en 2002). 

Juan, c’est un ancien pompiste au chomage et analphabète. Il habite chez sa fille qui perd son calme entre un mari zombi, bon à rien, et des enfants bruyants – un ménage qui rappelle celui d’Amours Chiennes, d’Alejandro González Inárritu)… on attend sans crainte, comme Juan, que la situation se débloque. C’est de la façon la plus étonnante que le film change de gamme, comme un crescendo paresseux qui se fait attendre.

El perro, c’est le chien, mais il sera aussi affublé d’un nom ridicule: bombon… Ces deux noms caractérisent ses deux tempéraments. Il peut être canin, quand il a peur et mordre son maître, mais il est surtout calin.

Juan et El perro se rencontrent, s’attachent l’un à l’autre, et sont très attachants.

Ils sont faits de la même pâte: tendres et timides, peu affirmés, comme deux orphelins de la vie.

On se dit que çà va mal finir, pourtant la lenteur du film nous berce et nous rend confiants. La vie est belle finalement. Il suffit de trouver la bonne personne. Les autres, après tout, peuvent être bruyants et malveillants, quand on est heureux et serein, on ne les entend pas. Bombon et son maître finissent par le comprendre. Nous en gardons un merveilleux souvenir.

 

Film argentin, espagnol. 2004

Réalisé par Carlos Sorin

Avec Juan Villegas, Walter Donado,  Micol Estevez