La vie des autres
février 17, 2007
On ne peut trouver un scénario plus intelligent que celui de La vie des autres pour exprimer à quel point l’homme déchoit quand il agit dans son intérêt personnel en nuisant délibérement à la vie d’autrui. Le génie de ce film est de nous laisser pénétrer la plus profonde misère de l’homme ; celle que le régime communiste de la RDA, par exemple, n’a fait qu’exacerber. L’injustice est grise – pas de grands discours pour la condamner – ce qui la rend beaucoup plus sensible encore. Toutes les émotions nous traversent, l’envie d’aimer, d’être heureux et l’envie d’être malheureux, tous les sentiments, le désespoir, la révolte, la bienveillance, la haine… On partage pendant plus d’une heure la vie des autres. On les apprécie, les déprécie. On les juge. On est un vrai spectateur, devant un vrai film, un vrai sujet, une vraie histoire. On est triste de les quitter, de quitter leur vie qui, bien que terrible, nous séduisait, nous attirait, nous transportait. On a aimé les connaître, même en tant que voyeurs, que voyageurs dans leur univers. Voilà quelque chose qui est plus qu’un film, qui est de l’art peut-être!
Un film de Florian Henckel von Donnersmarck