Quand on revient de vacances on prend une mine sérieuse et concentrée en feuilletant les pages Mode du Elle ou le nouveau numéro de Wired. On respire l’odeur des cartables neufs dans le rayon des fournitures scolaires, on s’achète une ardoise pour la cuisine, parce qu’on n’a pas nécessairement un enfant qui rentre en primaire. On se prend à rêver d’un automne romantique dans les rues du quartier latin, de feuilles rouges, de terre humide. On n’a plus envie de pins parasols, de crèmes solaires, de maillots turquoise. On s’imagine plutôt dans la robe écossaise Dolce & Gabbana qui fait toutes les couvertures.
C’est l’air de la rentrée, et la serviette de plage est remontée tout en haut du placard. Le prochain voyage ce sera plutôt un week end à Londres ou un séjour à Bruxelles. La Côte d’Azur n’a plus le vent en poupe. Ses couleurs criardes se font vulgaires. On ne pourrait pas y porter ses nouvelles bottes en cuir ou son sac à main griffé sans se sentir un rien décalé.
Les jeunes filles oublient bien vite le plagiste le jour où elles franchissent la grille du lycée. Antoine, Léo ou Alexandre sont bien plus sexy dans leur imper, la mèche rebelle et la clope au bec. Et la bande de copines est bien plus intéressante avec ses ragots à la récré.
Au bureau, les embruns de Bretagne ou le soleil d’Hawaï disparaissent derrière la silhouette du boss. Les problèmes informatiques reprennent le dessus.
La rentrée pourrait ressembler à un lendemain de Saint Sylvestre, où les bonnes résolutions disparaissent aussi vite qu’elles ont été formulées. Seulement la rentrée a mieux réussi ses partenariats que la nouvelle année. Alors que les clichés attachés à la première semaine de janvier réfèrent tous à une gueule de bois mémorable, à la gastro, à une récupération difficile et à un hiver qui s’éternise, la rentrée, elle, est pleine de promesses, parce qu’on a une jolie trousse et que l’on essaie son manteau avec un minois tout bronzé.
Il paraît plus facile d’être belle, jeune et intelligente et de séduire son patron, son ami ou son mari. La rentrée est glamour. Comme quoi l’homme a toujours besoin de se donner de nouveaux débuts, de nouveaux départs, de nouvelles envies une fois rentré chez lui.